Remontée O2 – Poudre graphite sur toile mixte – 70 cm par 140 cm – Adeline Terpo

« A cœur ouvert », je n’ai pas trouvé de meilleur titre pour cette interview d’Adeline Terpo, une artiste malouine dont le travail prend un tournant significatif depuis un voyage fait lors de l’été 2019 en Namibie. Rencontrée lors d’une exposition qui s’est tenue lors du Salon des Artistes de Dinard (35) en novembre 2018, j’avais déjà été intrigué par ses dessins faits à la mine de plomb ainsi qu’à la poudre graphite. Impressionnants de réalisme, deux grands dessins attiraient tout de suite le regard.

Sur un premier une baleine majestueuse remontait les eaux jusqu’à la surface de la mer, tout en gardant à l’œil l’observateur, comme si elle voulait lui signifier qu’elle le savait témoin de sa présence. Ce lien discret créait un contact entre cet animal superbe né des mains de l’artiste et le passant curieux. Impossible de ne pas penser à la grande diversité de la vie animale ainsi qu’à son extrême préciosité lorsqu’on sait combien les activités humaines impactent fortement l’environnement dans lequel vivent nos voisins.

 

Errance – Mine graphite, encre de chine sur Papier, 100 cm par 60 cm – Adeline Terpo

Ce sentiment se trouvait renforcé par le dessin de la tête d’un ours blanc magnifique, nageant et errant entre deux bouts de banquise à la dérive. Là encore l’œil de ce géant des régions arctiques invite à l’arrêt et la magie s’opère à nouveau. Alors qu’il ne s’agit que d’un dessin Adeline insuffle la vie à cet aplat du plus grand chasseur du Pôle Nord. On se surprend à l’observer, à l’imaginer repus, tout en pensant à la diminution régulière de son territoire où se côtoient de nombreuses autres espèces du règle animal.

L’attachement de l’artiste à dessiner ceux qui partagent avec nous cette Terre magnifique intrigue, d’autant plus qu’il est ancien et s’inscrit dans un continuum dans sa vie.

Diplômée d’une école d’arts appliquées en 2005, Adeline a suivi des études en biologie et en environnement tout en pratiquant son art en parallèle, où nombre de ses dessins représentent des animaux. Cette dénomination devient d’ailleurs, à mesure de l’avancée de la discussion avec l’illustratrice, presque étrange, tant elle semble instaurer une hiérarchie entre les valeurs de nos vies.

Adeline Terpo

Adeline Terpo voyage, marche, regarde, se pose et dessine le monde qui l’entoure avec l’œil d’une humaine consciente de l’égale valeur de chacun, pour le plus grand plaisir de nos yeux. Un plaisir qui prend depuis l’été 2019 une nouvelle dimension au travers de l’aquarelle, technique qu’elle a utilisée dans un carnet de voyage dont les pages se sont remplies de dessins de la faune, de la flore et des paysages croisés ou traversés au Kenya et en Namibie lors d’un voyage que cette bourlingueuse basée sur les bords de Rance a effectué seule pendant presque deux mois. Artiste, Adeline est désormais aussi auteur puisqu’elle écrit et décrit avec justesse ce qu’elle vit et ressent lors de ses voyages, un exercice qu’elle réussit avec élégance et délicatesse en nous offrant une place à ses côtés lors de ses observations discrètes.

J’ai souhaité la rencontrer afin qu’elle m’en dise un peu plus sur son travail, elle m’a accordé une interview que je vous invite à découvrir ici.

Le talent des doigts d’Adeline à donner la vie à ce qu’elle dessine peut se voir en partie sur son book ou sur son compte Instagram, et du 27 novembre 2019 au 5 janvier 2020 à la Médiathèque « Le champ des mots » de Plouer sur Rance. Une bonne occasion d’aller goûter l’excellente cuisine servie aux Causettes de Plouer.

Installation de l’exposition à la médiathèque de Plouer sur Rance

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